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Un été en Croatie

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J’ai un sentiment très partagé sur ce voyage, ou plutôt son organisation.

Difficile de choisir où aller, quoi visiter quand on met pour la première fois les pieds en Croatie, surtout quand, comme moi, on veut en voir le plus possible. Au départ, le projet était de parcourir la côte entre Rovinj « la perle de l’Istrie » et Dubrovnik, en poussant jusqu’à Kotor au Monténégro, et de visiter une ou deux îles.  Le tout en deux semaines.
Peu probable.

Nous avons donc réduit notre itinéraire en laissant la découverte de l’Istrie à un autre voyage, et en échangeant la visite des lacs de Plitvice avec ceux de Krka, plus proche de Zadar et paraît-il tout aussi jolis.
Ce ne fut pas suffisant.

Au final, je suis partie avec deux amis en août, période imposée par leur boulot respectif, et je savais que nous ne serions pas seuls, mais on se lasse vite des hordes de touristes qui s’engloutissent dans les ruelles étroites des centres historiques ou lézardent sur les mini plages de galets. Côté organisation,  préférant découvrir les parcs naturels ou aller à la mer la journée, nous avons visité la plupart des villes de nuit et n’avons pas pu profiter au mieux de ce qu’elles ont à offrir.

Résultat, légèrement frustrée par ce voyage, je ne pense qu’à y retourner (chose rare) tant les paysages, la culture et l’histoire de ce pays m’ont intriguée, mais en prenant cette fois le temps (et pas en août).

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Parler croate à Split

Arrivés tard dans la nuit à l’aéroport de Split, nous décidons de suivre les conseils du routard et de prendre le bus local pour nous rendre à notre hébergement, puis continuons à pied, nos bagages lourdement traînés derrière nous.  Une bonne heure plus tard, c’est dans un joyeux mélange de croate, d’anglais et d’allemand que nous sommes accueillis par Maria et son mari, avec qui nous boirons du café, testerons de l’alcool fait maison et aurons plusieurs bribes de conversations un peu étranges, sans se comprendre vraiment, mais simplement heureux d’échanger.

Split est une ville étonnante où bâtiments romains cohabitent harmonieusement avec sphinx et colonnes grecques ou palais Renaissance. On se perd dans le dédale de ses rues parsemées de restaurants et bars, on mange une glace sur les quais animés, on s’arrête devant les danseurs folkloriques.

Côté plage, c’est un peu plus compliqué. Poussés par l’impatience, nous jetons d’abord notre dévolu sur la plage la plus proche, Bačvice, accessible à pied depuis le centre-ville. Bétonnée, bondée, cerclée de bars immenses déversant leur musique commerciale en mode boîte de nuit, cette « plage » où chacun se sent libre de s’asseoir ou de marcher sur la serviette des autres et où l’on barbote plus qu’on ne nage, n’est pas du meilleur effet.  C’est pourquoi, forts de cette « mauvaise » expérience, nous faisons de plus amples recherches pour notre deuxième et dernière baignade à Split, et trouvons une petite crique à l’eau transparente et entourée de pins, au pied du Mont Marjan. Bien mieux!

Après deux jours et demi passés à Split, nous prenons le ferry pour l’île d’Hvar.

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Découvrir Brač sur un malentendu (et délaisser les fêtes d’Hvar)

A Hvar, nous voulions louer un scooter pour explorer les environs et nous imprégner de l’ambiance festive le temps d’une ou deux soirées.

Mais notre séjour sur l’île commençait mal. Un oubli de chargeur, un ferry manqué pour un de nous, une surprise à bord : nous n’allons pas sur la bonne île. Débarquées à Hvar dans le but de rejoindre la ville de Milna à six kilomètres du port, nous nous apercevons vite que c’est finalement à Milna sur l’île de Brač que nous avons réservé par inadvertance notre logement. Le seul ferry allant de Hvar à Brač ne partant que le soir, soit une dizaine d’heures plus tard, nous décidons de déposer nos valises et de visiter les alentours du port fondé par les grecs. Délestées de nos bagages (et du troisième voyageur) nous sommes assez frappées par la beauté de la grande place Saint-Etienne entièrement pavée qui s’étend du front de mer à la cathédrale du même nom, et par les petites ruelles qui surplombent l’eau turquoise.

Le soir, nous rejoignons notre ami et découvrons les lieux où nous allons passer les deux prochains jours : Milna, petite ville baroque au charme indéniable mais un peu trop tranquille à notre goût (on est bien loin du « Saint-Tropez croate » attendu). Sans moyen de transport nous ne pouvons explorer les alentours comme nous le souhaitons et c’est bien dommage car l’île de Brač recèle de très beaux endroits.

 S’émerveiller à Dubrovnik

On nous avait déconseillé Dubrovnik au mois d’août à cause du trop grand nombre de touristes mais nous ne pouvions omettre sa visite, et la vue à elle seule de la ville au loin depuis la route nous a donné raison. Du moins jusqu’à ce qu’on entre dans le centre historique…

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Fraîchement débarqués du ferry amarré entre de gigantesques bateaux de croisière, nous filons récupérer notre voiture de location et nous rendons à Cavtat, petite ville à une vingtaine de kilomètres au sud. C’est non loin, grâce à la génialissime appli smartphone « maps.me » que je conseille à tout le monde, que nous avons trouvé la plage la plus agréable de notre séjour. Après s’être enfoncé dans la forêt, il faut continuer à pied pour arriver à cette petite crique et son bar troglodyte à la musique locale.  La falaise aplanie à certains endroits fait office de plage et pour accéder à la mer on emprunte l’escalier sculpté dans la roche. Dans les fonds marins, une multitude de poissons évoluent dans les algues – un plaisir pour les porteurs de masque et tuba.

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A Dubrovnik même, rare ville que nous avons visitée de jour comme de nuit, nous prenons un billet pour les remparts. En file indienne et sous un soleil de plomb, nous découvrons le centre historique avec ses monuments romans, gothiques, renaissances, baroques, et ses fameux toits de tuiles toulousaines installées après la guerre civile qui ravagea les Balkans (et 90% des toits de Dubrovnik). En dépit de la foule, il est difficile de ne pas aimer le paysage qui s’offre à nous au fur et à mesure que nous arpentons les remparts, mais la nuit, il devient beaucoup plus compliqué de la supporter. Au bout d’une semaine passée en Croatie, nous arrivons à saturation de la foule, des touristes, des gens tout court.

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S’arrêter à Perast et Kotor au Monténégro

Le huitième jour, nous franchissons les frontières bosniaques et monténégrines, évitant miraculeusement les embouteillages prédits, pour partir explorer les bouches de Kotor, baie qualifiée de fjord méditerranéen. A mi-chemin nous effectuons un premier arrêt à Perast, petit village de pêcheurs et charpentiers de marine aux allures vénitiennes et au nombre impressionnant d’églises. Deux îles lui font face avec l’abbaye de Saint George qui aurait été utilisée par les bénédictins dès le IXème siècle à gauche et l’Église Notre-Dame du Récif érigée sur une île artificielle à droite. Il est possible de les rejoindre par bateau mais nous ne l’avons pas fait, préférant reprendre la route et déjeuner à Kotor, à l’extrémité du golfe.

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Entourée par le mont Lovcen et la mer, Kotor est également ceinte d’une imposante muraille. Après moult tergiversations, nous délaissons finalement les quelques 1500 marches qui mènent à la forteresse Saint-Jean, trop abrutis par la chaleur, la foule et disons-le franchement, la paresse, et sommes – je pense –passés à côté de la ville, au demeurant très jolie, avec ses petites ruelles anciennes. Après s’être restaurés sur une terrasse du port, nous reprenons la route pour rentrer à Cavtat, effectuant un arrêt baignade entourée de montagnes.

Écouter l’orgue maritime de Zadar 

Il est maintenant temps de remonter la côte Adriatique pour rejoindre Zadar, à environ quatre heures de route de Dubrovnik, après une petite pause-déjeuner dans la jolie ville de Trogir.

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De Zadar, on m’avait vanté l’orgue maritime et sa proximité avec de nombreux parcs naturels comme Paklenica et Krka ou les îles. Mais Zadar est beaucoup plus que ça. On s’aperçoit vite, en parcourant la promenade animée, en passant devant des vestiges antiques ou en se perdant dans son centre historique, que Zadar a subi de très nombreuses influences. Fondée par des tribus illyriennes, la ville a connu une histoire tumultueuse au fil des siècles, passant sous domination romaine, vénitienne, française et autrichienne, puis revenant aux mains des italiens avant d’être yougoslave et enfin croate en 1991. Chacune de ses cultures a laissé sa trace donnant une architecture d’ensemble très particulière.

Mais le plus étonnant reste  l’orgue maritime conçu par Nikola Basic et fonctionnant grâce au ressac de la mer.  En pénétrant des  tuyaux, les vagues produisent un son dont l’intensité dépend de la force du ressac et créent une mélodie toujours différente. On doit d’ailleurs au même architecte le Salut au Soleil, disque de 22 mètres de diamètre constitué de 300 panneaux de verre équipés de modules solaires. Reflétant la lumière du soleil le jour, il éclaire la nuit avec ses lumières changeantes au rythme du son des orgues marines.

Randonner à Paklenica

A une trentaine de minutes en voiture de Zadar, Paklenica fait le bonheur des amateurs d’escalade et de randonnée. Plusieurs sentiers sont listés aux offices de tourisme mais peu sont accessibles aux « non-initiés ». Mieux vaut être bien équipé. On démarre au pied des hautes falaises puis on emprunte des marches glissantes avant de déboucher sur les massifs karstiques à la végétation abondante. Arrivés au premier croisement nous bifurquons vers la grotte Manita qui s’avère payante après une rude et longue ascension, puis nous continuons plus avant sur un sentier rocailleux et fort glissant où il est obligatoire d’être bien chaussé, ce qui n’est malheureusement pas notre cas. Nous n’allons donc pas bien loin mais la vue vaut le coup.

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Un peu déçus du sentier destiné aux touristes qui ne permet pas de voir la  richesse du parc même s’il en donne un petit aperçu, nous reprenons la route effectuant une petite baignade rafraîchissante sur une plage non loin, au paysage un tantinet lugubre.

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Râler à Krka 

Le Parc national de Krka est connu pour les spectaculaires chutes de Skradin composées de 17 gradins, le tout s’étendant sur une hauteur de 46 mètres, mais comprend bien d’autres attraits : la rivière Krka, la lac Visovačko jezero, de nombreuses cascades, des monastères, grottes ou forteresses en ruine, chaque accès aux différents lieux étant payant séparément. Le paysage est magnifique, la végétation luxuriante et les chutes d’eau  incroyables, pourtant…

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Nous sommes passés complètement à côté de la beauté de ce site tellement surchargé de touristes (et de buvettes) que la visite en est altérée. On emprunte l’itinéraire pédestre fait de pontons et de passerelles en bois qui nous amène au plus près des chutes en se croyant dans un métro à l’heure de pointe. On se bouscule, on attend, on joue des coudes pour parvenir à apercevoir les chutes, on ruse pour enlever de notre photo tout malotru malvenu et on reste bloqué plusieurs minutes derrière des badauds traînant la pâte (quand ils ne décident pas d’aller saccager le paysage). Une pure horreur heureusement atténuée par la beauté des chutes et de la végétation. La visite du musée ethnographique avec son moulin à eau en fonctionnement et l’exposition sur l’histoire des cascades et barrages alentours sont également intéressantes et instructives.

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Se reposer à Šibenik

On pourrait rester aisément une bonne semaine à Šibenik, trouver un logement agréable et rayonner depuis, tant il y a à voir et à faire autour. Le cœur de la ville est connu principalement pour sa Cathédrale Saint-Jacques dont la construction dura une centaine d’année et qui étonne par sa frise de visages sculptés donnant à montrer des expressions singulières. Mais tout comme dans les autres vieilles villes, les ruelles étroites nous mènent dans des lieux toujours plus insolites et agréables, de places en places, et nous font passer devant différents palais, églises et forteresses. C’est à Šibenik qu’enfin, après de nombreuses tentatives, je goûte un vin à mon goût: un bibich.

Au camping Jasenovo nous faisons du kayak. A Murter, nous réservons une excursion pour l’archipel des Kornati, nous nous aventurons sur les sentiers accidentés de la presqu’île, faisons connaissance avec un âne en goguette et nous baignons sur une plage isolée et venteuse.

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Prendre le large vers l’archipel des Kornati 

Pour notre dernier jour en Croatie nous partons découvrir les îles Kornati accessibles qu’en excursion organisée. Après quelques problèmes de bateau, celui – mignon, tout en bois – que nous avions loué ne partant finalement pas, nous nous retrouvons sur un autre bateau – touristique, sans aucun attrait – avec un changement d’itinéraire, un arrêt en moins et une « guide » antipathique. Ça ne commençait donc pas très bien, mais passé l’énervement (mon « tout glisse sur moi » prend un sacré coup), on se détend vite avec le soleil, le bercement de la mer, le paysage très atypique (et le petit verre d’alcool fort servi en guise de petit-déjeuner).

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Les îles qui défilent devant nous ont subi érosion et sur-pâturage. Désertées par la nature elles l’ont ensuite été par les hommes ce qui crée un paysage particulier ponctué de criques à l’eau turquoise et de nombreuses grottes. Ici et là, un chalet de pêcheur, des champs d’oliviers, de vignes ou des figuiers. Une fois débarqués, on s’aperçoit que la végétation qu’on prenait pour de l’herbe brûlée est en fait constituée de buissons de romarin, lavande, thym, myrrhe et sauge recouvrant le relief de calcaire. En vue des nombreuses personnes déversées sur cette mini plage magnifique, nous décidons de nous aventurer plus en hauteur – oubliant les buissons qui nous griffent les mollets et dont je garde aujourd’hui encore une cicatrice – afin de voir si l’autre côté du versant ne réserve pas lui aussi un endroit idyllique et isolé pour la baignade. Mais faute d’endroits où se poser nous restons quelques minutes à regarder le paysage, les falaises calcaires qui descendent abruptement dans la mer, et cette croix blanche qui contraste magnifiquement. Nous retournons ensuite nager dans l’eau turquoise avant de reprendre le bateau et de quitter cet archipel insolite.

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4 commentaires

  1. Avatar de Shunn

    J’adore ! Mention spéciale pour ce que tu as fait avec les polaroïds et le bateau de Maxou!
    Et d’accord avec toi pour Kotor, à refaire moins paresseusement et dans la fraicheur printanière 😉

  2. Avatar de Martine Pierrard
    Martine Pierrard dit

    Voyage féerique malgré la foule du mois d’août, mais c’est à ce moment là que la lumière est la plus belle, les photos sont superbes.

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