Australie, Territoires du Nord
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En Terre aborigène, Kakadu Parc

Nous sommes maintenant aux portes du gigantesque Parc national de Kakadu au paysage culturel façonné par les esprits ancestraux du peuple Bining/Mungguy, peuple actuel. Ces esprits, parcourant le pays, donnèrent naissance aux paysages, plantes, animaux et hommes, et enseignèrent au peuple aborigène comment vivre et préserver la terre. Aujourdh’ui le peuple Bininj gère en parti le parc afin de conserver ces richesses culturelles et naturelles inscrites au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Kakadu est habité depuis plus de 50 000 ans par les aborigènes dont les histoires sont peintes sur les roches d’Ubirr et Nourlangie Rock.

La peinture est pour la civilisation aborigène une manière de transmettre le savoir, d’initier les jeunes générations. Ainsi les représentations autour du Temps du Rêve (thème central qui explique les origines du monde) sont interprétées différemment selon le niveau d’initiation du peintre et de l’observateur. Certaines peintures sont « andjamun » c’est-à-dire sacrées et dangereuses, et ne peuvent être vues que par les séniors, hommes ou femmes, tandis que d’autres peuvent être vues par tous. Le fait de peindre étant généralement plus important que la peinture elle-même, les anciennes œuvres sont recouvertes par de nouvelles.
Une fois au sommet d’Ubirr, les différentes peintures rupestres admirées, j’observe un paysage proche des savanes africaines – ou du moins de l’image que j’ai en tête, influencée par le Roi Lion. Le petit tour au Bowali Visitor Centre juste avant n’aura pas été inutile pour cerner les différents aspects culturels et naturels de ce site, et le lien particulier que les aborigènes entretiennent avec leur terre.

Et toujours ce feu de forêt au loin, partout où l’on passe, mais qui n’inquiète personne. Un petit coup d’œil au guide et l’explication fuse : il s’agit d’une technique réalisée par les aborigènes depuis des milliers d’années en saison sèche, afin de nettoyer la terre, la purifier, et la faire renaître. Cet acte est aujourd’hui repris par d’autres, non aborigène, afin de prévenir également les feux de forêt.
Tout à son récit, le guide manœuvre en pleine forêt sur un chemin à peine visible puis s’arrête subitement ramasser du bois suivi par tous les hommes du groupe sous le regard des filles bien installées dans le car.
Le guide-chauffeur repart et continue sa route invisible jusqu’au camp, à quelques mètres d’un billabong (cours d’eau qui ne s’assèche jamais). On peut difficilement être plus isolé. La course à la tente commence, nous sommes avec un couple de belges reléguées à l’autre bout du camp, loin des autres. Mais alors que nous commençons, aux regards de l’énorme tarentule ou je ne sais quoi qui trône sur une des tentes, à nous dire que ce n’est pas très rassurant d’être coupées du reste du groupe ainsi, un revirement de situation se produit. Notre camp dispose du meilleur spot pour le feu de camp, nous sommes donc désormais au « meilleur endroit », et entourées d’autres humains ! ouf.
La tente permanente est semblable à celle du camp précédent mais plus aérée… Mise à part le toit, les parois de l’habitacle sont en réalité constituées de moustiquaires, pour une impression des plus pittoresque. Un peu comme si on dormait à la belle étoile…
Je passe sur les plaisirs de se rendre aux toilettes ou douches à quelques cent mètres du camp (ou trente mètres selon d’autres) et habitées par des insectes divers et variés, le tout en pleine nuit. Essayer de le faire à la cool, sans se presser, pour pas passer pour de pures citadines en criant à chaque bruit suspect ou mouvement furtif dans les herbes, fut un échec total.
Mais pour l’heure nous sommes autour d’un énorme feu de camp, c’est bien agréable. Badigeonnée d’anti-moustique je suis plutôt sereine et lorsqu’en pleine discussion, un truc me saute dans le dos, je parviens à me lever discrètement sans un mot afin d’enlever la chose. Mais ma voisine saisit la situation et vient à ma rescousse. Personne ne sait exactement ce que c’était, mise à part que c’était gros, et certaines sont même impressionnées par ma non peur des insectes. Ha ha si elles savaient… Tout à la pensée de cet évènement, je n’écoute que d’une oreille les propos du guide à l’accent australien très prononcé et suis le mouvement. Au dodo!
Réveillée vers deux heures du matin par un bruit animalier très étrange, un buffalo selon le guide, c’est peu rassurée que j’évite de regarder où que ce soit par les murs moustiquaires de la tente et parvient à me rendormir. Trois heures plus tard, il est temps de se rendre aux Jim Jim et Twin Falls.

Difficile d’accès, les chutes Twin et Jim Jim sont accessibles uniquement par le biais de tour guidé. Après de rudes pistes 4X4, il faut emprunter un bateau et remonter le cours d’eau surplombé d’imposantes falaises pour se rendre aux Twin Falls. Le paysage est véritablement magnifique. Quant aux Jim Jim Falls, d’une hauteur de 250 mètres, il faut crapahuter de gros rocher, ce qui est au demeurant assez drôle mais devient vite compliqué quand on n’est pas de grands athlètes et qu’on décide d’emprunter les pires chemins possibles (ceux qui vous font faire des grands écarts ou vous mettre dans des positions que les plus grands contorsionnistes vous envieraient). Mais malgré un courant un peu timide, saison sèche oblige, le spectacle est surprenant. On peut se baigner dans deux bassins naturels à l’eau limpide. Malheureusement pour moi, pas de maillots avec moi…

Il est alors temps de rentrer à Darwin où il faudra chercher en vitesse un endroit où dormir.

On arrive à Darwin, mange une pizza, se fait recaler de plusieurs auberges (pleines à craquer) et décidons de prendre un taxi pour l’aéroport. Il est 19h, notre avion est à 10h le lendemain. Une fois sur les lieux, les quelques fauteuils existants sont pris d’assaut, des gens ont déjà commencé leur nuit. Nous trouvons tout de même une petite place, en face des toilettes, et dormons à même le sol blotties dans nos sac de couchage et nos sarongs (très bon investissement). Une heure et demi de sommeil réparateur…
Une fois à Cairns, les valises récupérées, les ordinateurs retrouvés, les vêtements changés, nous pourrons descendre la côte jusqu’à Brisbane.

2 commentaires

  1. Avatar de dominique
    dominique dit

    eh ben une chose est sure tu n’es pas cardiaque !!! bon courage pour la suite du voyage bisous

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