Asie, Indonésie
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De car en car, de port en port – Aux îles Gilis

Episode 3

Notre voyage à Java se termine mais pas notre périple. Le bus nous chahute puis nous berce pendant près de trois heures. Là encore le temps passe vite, nous sommes à Ketapang, le ferry n’est plus très loin. Mais le car s’arrête, nous devons descendre et prendre nos affaires sur les directives un peu trop abruptes du chauffeur de car. Nous devons aussi lui donner nos tickets de traversée, mais lorsque certains inquiets demandent s’ils pourront les récupérer, le conducteur se contente de grommeler. Personne ne comprend vraiment ce qu’il se passe. Nous nous asseyons sur le trottoir et attendons on ne sait trop quoi, quand un bus local s’arrête à notre hauteur. Nous regardons des gens monter dedans et patientons. Il faut en fait y aller aussi, c’est notre transport pour Bali. Plus aucune trace du chauffeur et de nos billets.

Certains s’égosillent et pinaillent, être entourés d’indonésiens en Indonésie n’est pas du goût de tous…Non mais il est où notre car privé? Nous nous asseyons tant bien que mal sur les quelques places restantes, les passagers nous dévisagent, les enfants nous fixent, et certains s’amusent même de nos visages surpris. Bienvenue les touristes! Le bus démarre. Je n’ai pas de place pour mes jambes, il fait lourd, mon voisin n’a pas l’air aimable et sur les parois du véhicule sont accrochées des myriades de petits sacs à vomi qui serviront pendant tous le voyage. Youpi. Mais fini de râler, nous arrivons au ferry, le car manœuvre et stationne, nous descendons nous dégourdir les jambes et prendre des forces. Il nous reste quatre heures de route. Au bout d’une demi-heure il est temps de regagner le bus, et pas question de jouer à « qui part à la chasse perd sa place ». Ceux qui s’y essaient s’y piquent, les indonésiens n’ont pas peur de montrer ce qu’ils pensent. Cependant, avec mon voisin nous nous apprivoisons du regard et concluons un accord tacite, la place du milieu sera pour nos sacs respectifs, nous partageons sans un mot. Le car est lancé, je change cent fois de positions rivalisant d’imagination. Mais rien n’y fait j’ai des fourmis dans les jambes, je m’impatiente, je crois que j’en ai un peu marre du car.
Je me pare alors de ma petite rengaine « expérience, expérience » et me blinde. Tout glisse sur moi, j’oublie les désagréments et finis même, pendant un instant à aimer cette petite « aventure ». Une baroudeuse, moi?

Le ballet incessant des vendeurs ambulants, montant et sautant du bus en marche finit par s’arrêter, un homme lève la voix, les passagers s’agitent, les pots-de-vin fusent, les touristes sont à la masse. Je lance un regard interrogateur à ma voisine opposée, elle m’annonce qu’on approche d’un barrage de police, il faut sortir nos papiers d’identité. Des personnes descendent du car, un policier monte, défile, scrute les visages, interroge une jeune fille, et arrive à la hauteur de l’homme qui semble gérer les affaires du bus. Ce dernier partage les pots-de-vins reçus plus tôt et en donne une moitié au policier qui repart comme il est venu.Les gens reviennent, rangent leur papier, nous repartons, apparemment seuls les javanais étaient concernés. Curieuse pratique.

Enfin nous arrivons à la station de Mengwi. Les chauffeurs de taxi nous sautent dessus et nous assaillent de leur fameuse rengaine « transport miss? » « Kuta? » « Ubud? »  » Prix spécial pour toi« ; ça faisait longtemps. Mais nous ne savons toujours pas où aller. Suivis de très près, nous essayons de rassembler nos idées et de nous organiser. Une seule certitude, nous voulons aller sur la côte-est pour plonger et passer une nuit sur une des îles Gili. Deux couples souhaitent se rendre à Padangbai, porte pour les îles, ça tombe bien. On partage un taxi, et roule ma poule, encore deux heures de trajet supplémentaires.
Vient ensuite le choix de l’hôtel. Peu habituées à ce mode de voyage, nous suivons le mouvement : visite de deux homestay, comparaison, négociation, installation. C’est simple, rapide, pas cher. Nous ne faisons pas nos snobs, adoptons la cool-attitude de nos nouveaux compagnons, des baroudeurs des vrais ! Nous faisons les habituées et nous promettons qu’une fois seules le prochain hôtel sera un quatre étoiles !

Après une douche bien méritée, nous sortons réserver un bateau pour les îles et mangeons un énième mi-goreng, y’a rien à faire on ne s’en lasse pas. Nous en profitons pour faire plus ample connaissance avec le couple faisant le tour de l’Asie depuis 7 mois. Elle est dans le médical, il est dans le social, ils sont végétariens et mangent sain, ils ont la classe. Rassasiées, nous rentrons dans notre modeste chambre et mettons un peu d’ordre, quand soudain un énorme cafard surgit de la serviette de Jacinte. C’est drôle on en a parlé à table, le couple avait vu beaucoup de cafard durant leur périple, nous quasiment aucun, on était contentes. On aurait mieux fait de se taire.
Mais Jacinte est preste et le cafard est maintenant mort. Un peu paranoïaque, je décide de fermer mon sac et ma trousse de toilette et de surélever ce que je peux, on ne sait jamais ils seront peut être flemmards ce soir les cafards.
Il est temps de dormir, nous nous engouffrons dans nos sacs de couchage respectif et dormons.
Le réveil sonne. Nous nous préparons, je sors ma brosse à dent, farfouille dans ma trousse de toilette, un cafard jaillit. Je sursaute, tente de me ressaisir et analyse la scène. Il y a 80% de chance que la bête soit dans mon sac à dos, je viens juste de le remplir. Je cherche sous le lit, regarde partout, rien. Pas le choix je vide mon sac et n’ose penser au fait qu’un cafard est resté une nuit entière dans ma trousse de toilette au contact de ma brosse à dent, mais aucune trace de l’assaillant, il a disparu.
Soit, je refais mon sac, n’y parvient pas, peste, puis recommence. Nous n’avons plus beaucoup de temps. Petit-déjeuner, derniers préparatifs, nous prenons le speedboat, naviguons une heure et demi ou plus, puis parvenons sur l’île Gili Air, la plus éloignée de Bali et la plus proche de Lombok. C’est paisible. Pas de voitures, pas de scooters, que des calèches et des vélos. Des bungalows et des restaurants-bars en bord de plage partout. Dommage que le soleil soit si timide, on pourrait se croire sur une île paradisiaque.

Mais trêve de lambinage, il faut trouver un hôtel rapidement si nous voulons profiter de l’île. Nous faisons quelques pas, nous essayant à la technique de nos anciens compagnons de voyage : visite des lieux, comparaison, négociation, prix bas. Nous marchons un peu, visitons un seul hôtel, prenons la chambre sans négocier, n’avons jamais payé une chambre aussi chère de notre séjour ! Nous sommes paresseuses mais l’hôtel semble si agréable, et il est tant d’aller manger.

Petit restaurant les pieds dans l’eau, le pied. Nous prenons ensuite les appareils photos et partons faire le tour de l’île, il se fait en une heure. A mi-parcours, les couleurs changent, le soleil est prêt à se coucher. Nous nous postons sur la plage et attendons. C’est le plus beau coucher de soleil jamais vu.

Sur le chemin du retour, à la nuit tombée les moustiques se réveillent et attaquent mais nous prenons notre temps. Assises sur une paillasse au bord de la mer, une Bintang à la main nous regardons les serveurs s’agiter. Il est vingt-deux heure, le service se termine et nous sommes rejoins par un chat galeux. Il se met à agir bizarrement, c’est le signal pour rentrer se coucher.

Le lendemain, petite baignade dans une mer bleu turquoise. Le vent souffle, le sable s’envole, nous déloge. Repli stratégique sur la piscine de l’hôtel où un cours de plongée est donné. Il est déjà l’heure de reprendre le bateau qui se fait attendre. Nous nous laissons distraire par des enfants jouant dans l’eau et les poissons multicolores qui s’approchent du ponton. La mer est houleuse.

Arrivées à Padangbai avec deux heures de retard nous prenons un taxi et nous rendons dans un super hôtel à Tulamben où nous attend une grande plongée! Mais avant d’arriver la route nous réserve des surprises, la traversée des rizières de Tirtagganga et la rencontre de quelques singes.

Nous passons une seule nuit à Tulambern, notre voyage en Indonésie touche à sa fin. Après trente-cinq minutes de plongée inoubliables dont je parlerai dans un prochain article, nous sautons dans un notre taxi et retournons à Kuta pour notre dernière soirée . Nous arrivons, progressons un peu dans la ville, repassons au même endroit une fois, puis deux puis trois… Serions nous perdus ? Le chauffeur se munit de son GPS mais ce n’est pas d’une grande aide, il demande sa route à plusieurs passants, ça ne semble pas marcher non plus. Nous roulons depuis quatre heures et rajoutons encore une heure, on n’est plus à ça près. Le chauffeur en a marre mais ne se départi pas de son humour parvenant même à nous lancer un « c’est bien vous visitez bien Kuta comme ça 🙂 « . Puis nous tournons dans une petite rue difficilement perceptible depuis la route. Nous sommes enfin devant notre très typique hôtel, un Best Western. Un dernier restaurant, une dernière promenade nocturne, un avion à une heure du matin. Nous reviendrons c’est sûr !

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  1. Avatar de dominique
    dominique dit

    bravo pour ton courage avec les cafards perso je ne sais pas comment j’aurai réagi
    merci j’attends la suite dès que tu peux bisous

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